Le Jardin Vagabond d'Aix les Bains

Publié le par Jardin Vagabond

Intérêt paysager et biologique

Bonne nouvelle pour ceux qui aiment se promener dans les poumons verts, la Ville vient d’enrichir l’offre en aménageant un jardin sur les bords du lac du Bourget, précisément dans la baie de Mémard. S’étendant sur cinq ha, ce site, recouvert d’une prairie et de quelques zones arborées, a été préservé d’interventions humaines lourdes. D’où son intérêt paysager et biologique. Sur le plan floristique, il accueille 159 espèces végétales, dont des orchidées. Un inventaire a été réalisé par la Société d’histoire naturelle et de mycologie. S’ajoute la présence d’une grande roselière les pieds dans l’eau. Sur le plan faunistique, le site est peuplé par plusieurs espèces de libellules et de rousserolles, des lapins sauvages... Cette richesse des espèces a incité la Mairie à prendre le parti de conserver la dernière zone naturelle des rives aixoises du lac. Ceci sous l’impulsion de la commission extra-municipale des bords du lac.


"Le jardin n’est plus figé"

Pour ce faire, la Ville a décidé de créer un jardin en mouvement. Tirant son nom du mouvement des espèces végétales sur le terrain, il a pour caractéristique de réduire au minimum l’intervention de la main de l’homme : "Il ne s’agit pas de l’abandon d’une parcelle mais au contraire d’une gestion différente qui va favoriser la biodiversité du milieu en attirant un nombre important de nouvelles plantes et de nouveaux animaux », expliquent Philippe Lamour, professeur au lycée horticole du Bocage à Chambéry et Marcel Bandet, ingénieur principal à la Mairie, co-concepteurs du jardin. Par exemple, la fauche générale n’a lieu qu’une fois par an, à la fin du cycle des plantes et des animaux, pour maintenir la prairie. Les plantes semées sont choisies pour leur caractère endogène, pour leurs fleurs, pour leurs dates de floraison… Elles se développent, se ressèment spontanément dans des endroits non prévus initialement, ce qui crée une nouvelle scénographie. Le jardin n’est plus figé mais en mouvement."


La biodiversité favorisée

Ayant bénéficié d’une étude de faisabilité réalisée par Gilles Clément, paysagiste de renommée internationale qui a dessiné le parc André Citroën et les jardins du musée du Quai Branly à Paris, le jardin en mouvement de la baie de Mémard est réalisé par le lycée horticole du Bocage de Chambéry. Sous la conduite de leurs professeurs Philippe Lamour et Hervé Fayet, une vingtaine d’élèves ont planté des saules le long du chemin qui traverse le site, divers arbres aux entrées, des arbres fruitiers au sein d’une zone fleurie centrale et des bambous, aménagé des parterres fleuris mariant des annuelles, des bisannuelles et des vivaces, créé un espace planté de lin… Pour les sensibiliser à la nature, les écoliers seront invités à semer des plantes de rande taille (tournesols, œillets d’Inde géants…) dans douze carrés (un par groupe scolaire). Dans un souci de développement durable, les apports en eau seront réduits au minimum tandis que les engrais, pesticides et désherbants chimiques seront proscrits. La nappe phréatique et le puits de Mémard seront ainsi préservés de toute pollution. La mise en place de panneaux pédagogiques permettra au public d’appréhender pleinement ce jardin en mouvement.

Bonne promenade !
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article